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figanieres cancan les potins de jakou
 

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puce Articles de presse (le 20/07/2007 à 16h44)

 

 

Communiqué

"Figanières-Cancan" espace de liberté est un blog apolitique, il ne cautionne ni ne soutient aucun parti, les articles en ligne sont les "copiés-collés" de pages trouvées sur des sites ouverts à tous les internautes ! Le droit de réponse est assuré sur "Figa-Cancan"

 

Militaires : l’arme secrète

Par leravi -
Pour compenser le transfert de la Préfecture à Toulon, le gouvernement a offert à Draguignan des militaires. Beaucoup de militaires. Cette présence a un prix.

Parfois la vie est cruelle. Dépossédée de sa préfecture en 1974, Draguignan reçoit en compensation l’Ecole d’artillerie deux ans plus tard. D’abord peu accueillante, la sous-préfecture du Var affiche aujourd’hui fièrement son statut de « capitale de l’artillerie ». Le label est mentionné sur les panneaux aux entrées de la ville. Un canon accueille ostensiblement les arrivants sur la route des Arcs.

Mais l’armée à Draguignan c’est beaucoup plus : six formations en tout (l’école, le camp d’entraînement de Canjuers, le centre de défense nucléaire, biologique et chimique, le cinquième bataillon du matériel, le premier régiment d’Afrique et le troisième régiment d’artillerie de marine). Ainsi que quelques petits organismes dépendants du commandement régional basé à Lyon. « Au total, et en comptant les civils, l’armée emploie 3 200 personnes, avance le lieutenant-colonel Schwartz, adjoint au général de la garnison (1). En incluant les conjoints, les enfants et les retraités, la population de la Défense s’élève à 12 000 personnes. » Ce qui n’est pas rien dans une ville de près de 40 000 habitants ! Et seulement 419 foyers habitent hors de la Dracénie. Dernier chiffre : l’armée injecte chaque année 100 millions d’euros sur le territoire intercommunal (en salaires et en dépenses de fonctionnement).

Pour les élus, largement de quoi offrir quelques signes de déférence... Et pas seulement symboliques. L’armée bénéficie d’un véritable traitement de faveur, notamment dans les domaines locaux les plus problématiques : le logement et l’emploi. « Nous avons signé une convention avec six société immobilières qui nous donne accès à un parc de logements sociaux, se réjouit le militaire. Mais ils ne sont pas gratuits ! Les loyers sont comparables à ce que paient les Dracénois, peut-être un peu moins cher. En tout cas, les conditions d’accessions sont les mêmes que pour eux ». Selon ses chiffres, 558 militaires en bénéficient (1/6e de la garnison). L’officier réfute également tout rôle de l’armée dans l’explosion des prix du foncier. Pour lui, les coupables sont sans hésitation « les étrangers ». Pourtant, il avoue que 28 % du personnel de la Défense est propriétaire. Sans compter les retraités... 75 % des militaires basés à Draguignan restent dans les environs.

Depuis 2005, un service d’accompagnement pour l’emploi des conjoints est également en place. Avec un taux de réussite à faire pâlir l’ANPE : 65 % des 341 demandes ont été satisfaites (tous contrats confondus). Mais depuis 2006, les anciens militaires disposent également de leur propre Agence pour l’emploi, l’AEM. Une nécessité selon le lieutenant-colonel Schwartz : « Nos contrats de 5 ou 10 ans n’ouvrent pas de droit à la retraite. Et même après quinze années de services, ce n’est pas suffisant pour faire vivre une famille ». Pour l’instant, ses résultats sont plutôt faibles : 4 % des 50 dossiers déposés ont abouti. Mais l’officier ne désespère pas. « L’emploi est une préoccupation du commandant », assure-t-il. Contacts avec les employeurs, l’union patronale du Var, la chambre de commerce et d’industrie... L’AEM met les bouchés doubles et compte bien profiter des opportunités. Notamment de la zone logistique des Bréguières. « Les gens savent qu’en ce domaine, nos hommes ont des compétences. »

Ce lobbying n’est cependant pas du goût de tous les Dracénois, alors que le chômage dépasse les 12 % de la population active et que l’immobilier flambe à la hausse. « Je comprends qu’il y ait des logements réservés aux militaires, mais il ne faut pas que ça se fasse au détriment des civils », dénonce avec beaucoup de précaution Claude Roux, conseiller municipal socialiste. Tout juste se risque-t-il à une remarque : « les militaires vivent presque en communauté ». Un reproche que réfute le lieutenant-colonel : « Depuis la fin de la conscription, nous avons eu des directives pour être un peu mieux connus. Nous participons pleinement à la vie sociale de la ville ». De fait, les différentes formations de l’armée organisent des festivités chaque année (bal de l’Ecole d’artillerie, fête de Wagram, de la Sainte-Barbe...) et leurs membres s’investissent régulièrement dans les manifestations associatives et municipales.

Mais interdiction d’aller plus loin. « Tant que nous sommes actifs, nous avons un devoir de réserve », rappelle l’adjoint du général de la garnison. Avant de préciser : « Nous avons le droit de vote, comme les femmes » (sic). Un aspect que Max Piselli n’a pas oublié. Le maire UMP n’hésite pas à en faire des tonnes lorsqu’il s’agit de l’armée : pendant un temps, il a organisé un accueil pour les nouveaux militaires. Un ancien officier est devenu président d’Archipels, l’association qui gère le théâtre intercommunal... Il n’a d’ailleurs pas tort. Avec pratiquement un tiers de la population de sa ville, les militaires constituent une part importante de l’électoral local. Et probablement du sien d’abord. Ce dont Christian Martin, ancien maire et candidat socialiste pour les municipales de 2008, a pleinement conscience. « L’armée est le vecteur d’un vote conservateur. Mais alors que j’avais seulement un caporal lors du dernier scrutin, je devrais peut-être avoir un colonel sur ma prochaine liste », se réjouit le chef de l’opposition municipale. Mieux vaut être prévoyant. Le lieutenant-Colonel Schwartz prédit en effet un accroissement des effectifs de la garnison à terme. « Sa situation géographique est excellente pour une projection rapide de force sur des opérations », explique l’officier.

Une nouvelle qui ne devrait pas réjouir les quelques antimilitaristes locaux. A moins qu’ils n’y trouvent matière à renouveler leurs actions symboliques. Comme lorsqu’ils ont peint en rose le fameux canon à l’entrée de la sous-préfecture ou l’ont entièrement recouvert de goudron et de plumes. Ou lorsque les panneaux de la ville, maquillés, annoncent quelque temps : « Draguignan, capitale de l’art »...

Jean-François Poupelin

Culture : politique "cul-terreuse"

Par leravi -
Terre de festivals l’été, le moyen Var est presque un désert culturel le reste de l’année, à l’exception du théâtre de Draguignan, scène conventionnée. Et de belles initiatives associatives, peu soutenues, mais qui arrivent à émerger.

La Dracénie a cru replonger, il y a un an, dans une période que ses habitants pensaient définitivement révolue : celle des années 90. « Un vide culturel, un peu comme l’Atlas marocain », se souvient Richard Frêche, président de l’Usine de la Redonne, une friche alternative située à Flayosc. Le licenciement de Liberto Valls, directeur artistique respecté mais gestionnaire et patron contesté, a fait craindre à beaucoup la fin de l’aventure du Théâtre en Dracénie qu’il animait. Archipels, l’association gérant la structure, a accusé Valls de faute grave devant la justice (1).

Max Piselli n’a jamais caché son aversion pour une programmation qu’il jugeait « élitiste ». Le maire UMP de Draguignan préfère les opérettes et le théâtre de boulevard. La nomination à la tête d’Archipels de Rémy Goffinet, un officier à la retraite proche du 1er magistrat, pouvait faire craindre le pire. Tout comme le lourd déficit financier, imputé lui aussi à Liberto Valls. Si Rémy Goffinet a obtenu gain de cause devant les Prud’hommes en septembre (2), les inquiétudes concernant le sort de la structure ont été levées avec la nomination d’une nouvelle directrice (3). La programmation a simplement été allégée pour répondre aux contraintes financières. « La programmation hors murs n’a pas été prise en compte », regrette toutefois Christian Martin, ancien maire socialiste de Draguignan, initiateur du théâtre. Avec une force d’attraction qui dépasse largement la Communauté d’agglomération dracénoise (CAD), ses créations et sa programmation atypique, Théâtre en Dracénie reste un lieu indispensable dans un paysage culturel local particulièrement isolé !

« Il faut un équipement complémentaire », convient Yves Rosé, maire socialiste de La Motte. Depuis plusieurs années, le projet d’une salle de spectacle est dans les cartons de la CAD dont il est vice-président. Sous la pression des financeurs, le Conseil général du Var en particulier, ce devrait être une salle de concert. Le lieu d’implantation a été choisi : Le Muy ; reste à finaliser le projet. « Je suis limité dans les financements. On ne peut pas tout faire. Il y a aussi les médiathèques à construire ou à rénover, le problème du conservatoire de musique de Draguignan, sans compter les désirs des autres communes. On ne peut pas continuer à multiplier des stades en pelouses synthétiques avec des tribunes et avoir de grandes ambitions culturelles ! », tempête Yves Rosé.

« Dans le milieu rural, les maires ne voient souvent pas l’intérêt de la culture. Elle est d’abord pensée comme une animation », regrette Amar Constantine de Contact sud musique, l’association organisatrice du Festival des Collines (lire ci-dessous). Deux exemples : Christian Martin, qui avait pourtant mis en place un lieu d’enregistrement et de répétition à Draguignan, ignore ce qu’est devenu le projet lorsqu’on lui pose la question... Quant à la friche des Remparts, ouverte il y a tout juste quatre ans par Hugues Veillot, elle a définitivement fermé en novembre dernier. « C’était programmé, mais la propriétaire n’aurait pas été contre le fait de poursuivre avec la mairie », explique le fondateur du lieu et de Tabarnak, association « pour le développement et la diffusion de la création picturale contemporaine » aujourd’hui installée à l’Usine de la Redonne. Pourtant la Friche des remparts répondait aux normes de sécurité et avait conquis un public. « L’aide municipale a été décroissante et constamment minorée par rapport à la fréquentation ».

Amar Constantine refuse cependant de tout mettre sur le dos des élus : « La mairie de Draguignan ne nous a jamais refusé une salle. Il faut s’adapter à une réalité : même s’ils sont frileux, les maires n’y peuvent rien lorsque 150 personnes viennent à ton concert au lieu des 500 espérées ». Après avoir « bouillonné » à deux reprises, les Mask Feuillus, association qui organisait concerts et festivals (ska-rock), a également décidé de repenser son activité. Les expériences locales ne sont heureusement pas toutes vouées à l’échec. L’usine de la Redonne, une ancienne savonnerie de 600 m2 située sur un terrain de deux hectares, est en plein essor (4). Ouverte en 2002, treize associations artistiques, culturelles et agricoles y sont aujourd’hui implantées. « L’idée est de créer un lieu de rencontre, de débat et d’échange où les gens sont acteurs, et pas seulement consommateurs, explique Richard Frêche, président de la compagnie le Théâtre du Lézard. Par exemple, pendant que les gens travaillent dans les jardins solidaires, on fait des lectures ». Lieu de création plus que de diffusion, l’Usine est cependant quasi-exclusivement réservée à l’usage de ses quelques 300 adhérents. Mais elle s’ouvre ponctuellement au public. En 2004, pour une fête, plus de 1000 personnes s’y sont pressées. Signe d’une attente non assouvie en Dracénie ?

J-F P.

Le Dragon assoupi

Par leravi -
Sous-préfecture, auto proclamée « capitale de l’artillerie », peuplée de militaires et de fonctionnaires, Draguignan peine, malgré une explosion démographique, à retrouver sa superbe d’autrefois...

Une ville moyenne dans le Moyen Var. Le dragon, que la légende associe à la ville, aurait-il perdu son souffle ? La municipalité veut croire l’inverse. Une enquête tombe à point pour attester de la « séduction provençale » de la capitale de la Dracénie. Publié par Les Echos en octobre dernier, un palmarès classe Draguignan « 5ème des villes moyennes françaises les plus attractives d’ici à 2010 ». La municipalité s’est empressée de diffuser en grande quantité, et sur papier glacé, ce magnifique pronostic. « Draguignan bénéficie aujourd’hui d’une image positive qui incite à s’y installer ou à venir s’y retirer », s’est réjoui Max Piselli (1), le maire UMP, tout en faisant un aveu implicite. Le dynamisme de Draguignan est avant tout démographique : la population, avoisinant 40 000 habitants à ce jour, devrait augmenter de 20 à 30 % entre 1999 et 2030, à l’image du développement de toutes les communes de l’arrière-pays. Ce qui n’implique pas forcément un rajeunissement de la population car les nouveaux venus sont souvent de « jeunes »... retraités.

« Le risque est grand que Draguignan devienne une ville uniquement résidentielle », redoute Christian Martin. L’ancien maire socialiste, un temps un peu sonné suite à sa courte défaite, est à nouveau candidat aux prochaines municipales et sur le front pour pilonner l’adversaire. « Il faut que cette ville diversifie son activité économique et ne vive pas de sa rente de situation », poursuit le conseiller régional. Une rente ? Celle offerte par l’Etat lorsque, en 1974, la Préfecture fut transférée à Toulon avec la création de l’école d’artillerie et le maintien de services départementaux, des archives, du Conseil général, du tribunal d’instance, de la chambre d’agriculture, d’un centre de détention... Celle, plus nouvelle, due à la fameuse pression démographique. « On construit beaucoup mais sans aucune cohérence ni soucis d’offrir des logements accessibles à la population, déplore Christian Martin. Pendant un temps, les familles dracénoises étaient contentes de vendre mais maintenant, comme le prix de l’immobilier continue de s’envoler, elles ne peuvent plus acheter. Une terrible machine à exclure est en place. »

Un dossier focalise le débat politique : le réaménagement de l’ex-caserne Chabran, 13 hectares à la lisière du centre ville. La municipalité socialiste avait racheté le site à l’armée. Son objectif : réemployer la totalité du patrimoine immobilier pour y loger des locaux d’entreprises, des immeubles d’habitations. Après avoir laissé dormir le dossier durant six ans, Max Piselli a officiellement lancé l’opération « Chabran » dont les travaux devraient débuter au printemps. Racheté par la communauté d’agglomération, il est toujours question de réaliser un espace vert de 3 hectares, une médiathèque, un hôtel de police et, officiellement, 20 % de logement social. Mais près de 7000 m2 de bâtiment, pourtant en bon état, vont êtres détruits pour laisser place à un ensemble immobilier haut de gamme avec jardins résidentiels privés. Exit également de stade pour le lycée Jean Moulin et le projet de pépinière d’entreprise ... « On ne construit que pour les riches, tacle Robert Bordin, président dracénois des Verts du Var. Le logement social est tabou. Un HLM a été construit par la précédente municipalité non loin du quartier populaire des Collettes où j’habite. Pendant les municipales, la droite a fait courir le bruit, pour effrayer les électeurs, que tous les cas sociaux de Fréjus allaient y débarquer. »

Ignorant les critiques, Max Piselli et son 1er adjoint, Olivier Audibert-Troin, en charge du développement économique, sont convaincus que Draguignan a retrouvé toute son attractivité. La fameuse enquête des Echos sur les villes moyennes n’a-t-elle pas classé Draguignan au deuxième rang pour « la plus forte croissance de l’emploi d’ici à 2010 » ? Mais là encore, il s’agit d’un tour de passe-passe. Le chômage s’élève à 12,5 % dans la ville, une moyenne légèrement supérieure à celle du Var. Le classement prend en compte les 1000 emplois annoncés dans le futur parc logistique des Bréguières, projet de la Communauté d’agglomération dracénoise dont l’inauguration est espérée en 2008 aux Arcs-sur-Argens. « La commercialisation est déjà pratiquement achevée avant que les premiers travaux n’aient été réalisés, se réjouit René Meissonnier, le maire des Arcs proche du PS, où doit être implanté le parc. Nous prévoyons 20 emplois à l’hectare. Je suis confiant. Ce qui nous pose soucis, c’est l’embranchement ferré dont le financement n’est pas encore acquis. » Car Draguignan, toute affairée à surfer sur la manne immobilière, mise avant tout sur son agglomération pour assurer un développement économique. « Nous avions programmé un pôle d’activité sur le terrain de Sainte Barbe pour favoriser l’emploi. Mais Max Piselli veut là aussi y construire des habitations, déplore Claude Roux, conseiller municipal socialiste. On nous dit que les gens iront bosser aux Bréguières. Reste à savoir si les logements qu’on leur propose seront compatibles avec les salaires qu’on va leur offrir. »

« Draguignan aspire à demeurer une ville bourgeoise, fidèle à son esprit feutré, où il n’y a plus personne dans les rues dès 20 heures », regrette Robert Caire, dans le petit local du parti communiste, rue de Trans. « La ville a toujours abrité une bourgeoisie de robe, tranquille, mais qui gardait une certaine liberté de pensée, souligne Jeanine Collomp, présidente de la Ligue des droits de l’homme. Draguignan a été matée, punie, sacrifiée à l’armée. On a cassé la vieille préfecture dont la réputation était trop rouge à l’époque. Elle se contente de ronronner maintenant. » Comme les volcans, les dragons assoupis sont-ils capables de se réveiller un jour avec fracas ?

Michel Gairaud

Agglo : Paquet CADeau !

Par leravi -
Le consensus politique qui régnait au sein de la Communauté d’agglomération dracénoise (CAD) est mis à mal par un coup de force de son président, le maire de Draguignan.

Max Piselli, le maire UMP de Draguignan et président de la Communauté d’agglomération dracénoise (CAD), n’a pas de temps à consacrer à la presse satirique régionale mais aime bien s’épancher dans les colonnes de Var Matin (1). Parfois un peu trop. En y annonçant que le prochain président de la CAD serait son premier adjoint, Olivier Audibert, il a suscité une fronde sans précédent d’une majorité des maires de l’agglomération. Dans une motion publiée par La Marseillaise (2), 12 des 16 maires de la CAD déclarent « être choqués d’apprendre dans la presse, sans démenti, que le prochain président de la CAD serait déjà désigné. » Et de poursuivre : « nous avons jusque-là scrupuleusement recherché le consensus dans la définition des objectifs de la CAD comme dans ses modalités de fonctionnement. »

« Pour une jeune agglomération, créée fin 2000, le consensus était une bonne chose, regrette René Meissonnier, le maire des Arcs, vice-président de la CAD et proche du PS. Maintenant, si les gens se mettent à raisonner politiquement, c’est dommage mais nous compterons nos forces. » Et le compte n’est pas très bon pour le maire de Draguignan : l’ensemble des signataires, majoritairement de gauche, représente 34 délégués sur une assemblée composée de 78 membres. Pas de quoi bloquer l’action de la majorité mais largement assez pour exercer une forte pression. Quelle mouche a donc piqué Piselli ? Pour comprendre, il faut faire un saut en arrière et se plonger dans la cuisine électorale. Lors des dernières municipales, Olivier Audibert était le candidat investi par l’UMP. Mais Max Piselli, alors dissident divers droite, est arrivé devant lui au 1er tour. Les frères ennemis ont fusionné leurs listes. Premier renvoi d’ascenseur : Audibert est nommé 1er adjoint. D’autres promesses ont peut-être été formulées au moment où cette alliance s’est scellée. Comme la présidence de la CAD dans un paquet cadeau ?

Mise en place par Christian Martin en 2000, l’ancien maire socialiste, élargie à 8 communes supplémentaires par son successeur six mois après sa création, la CAD pèse désormais 85 000 habitants, soit plus du double que la population de Draguignan. « Nous étions favorables à sa création à la condition que la nouvelle institution soit gérée démocratiquement, explique Annie Blanc, secrétaire de la section dracénoise du PCF et conseillère municipale d’opposition à Trans. A l’arrivée, le bilan est épouvantable, la gestion clanique, autoritaire. » Et la seule grande réalisation, en attendant l’inauguration de l’ambitieux parc logistique des Bréguières et de ses 1000 emplois, c’est l’aménagement du siège de la structure dans l’ancien immeuble de la Caisse d’épargne au cœur de Draguignan. « C’est vrai que la ville centre a bénéficié de la majorité des investissements mais ce n’est pas en soi un scandale », reconnaît René Meissonnier. « L’intercommunalité, correctement pratiquée, permet de réaliser des économies d’échelles et des actions cohérentes sur tout le territoire. À condition d’avoir un projet », commente Claude Roux, conseiller municipal dracenois socialiste. Fin mars, les délégués de l’assemblée communautaire ont évité le clash en adoptant le budget. Mais, pour la première fois, l’unanimité n’a pas été au rendez-vous : le sénateur socialiste Pierre-Yves Collombat (représentant Figagnières) a émis ouvertement de fortes réserves, un délégué de Trans-en-Provence a voté contre (3). Les apparences sont sauves mais la hache de guerre est bel et bien déterrée.

M.G.

Golfs : 18 trous dans la peau

Par leravi
Dans les années 80 et 90, la construction de complexes golfiques était envisagée comme la panacée pour développer le moyen Var. Le combat acharné des écolos contre le golf de Vidauban a endigué cette tendance.

Yves Rosé, le maire de la Motte, tient à son complexe golfique du domaine de Saint-Endréol, 150 hectares uniques en Dracénie, presque comme à la prunelle de ses yeux. D’un geste, il balaie toutes les critiques. La propriété du groupe japonais Kajima (l’équivalent de notre Bouygues national, Ndlr), sortie de terre en 1992, n’a pourtant rien d’une réserve naturelle ou d’un village de vacances de la SNCF. Elle comprend une résidence hôtelière de 35 suites, 80 villas (1) et maisons de village avec piscine, un centre de remise en forme... Le tout, sous haute surveillance.

« En plus d’être une bonne façon de préserver l’environnement et un excellent pare-feu, c’est une activité économique touristique et sportive de qualité complémentaire à la viticulture, plaide le 1er magistrat, autrefois avocat. Elle a créé 70 emplois permanents et les propriétaires alimentent les caisses de ma commune à travers la taxe foncière ». Tout le monde y trouverait donc son compte : l’équivalent de deux classes d’élèves peut, par exemple, profiter du complexe chaque semaine gratuitement (matériel et moniteur compris). Le projet d’agrandissement de la capacité d’accueil du domaine devra inclure des logements sociaux. « Ils seront réalisés, sinon je ne délivrerai pas de permis de construire pour les réalisations immobilières », prévient l’élu.

Projet exemplaire ? « Un golf reste très pollueur en herbicides et pesticides. Même s’il a une taille humaine, celui de La Motte a détruit un terrain écologiquement très riche », nuance Robert Giraudo, président de l’Association de préservation de l’environnement de Vidauban et du Var (APEVV). Dans les années 80 et 90, le Var a en effet frôlé l’asphyxie : une quarantaine de projets de golfs était dans les cartons. Presque tous ont été abandonnés dans le moyen Var (2).

« Nos actions en justice contre le projet de Vidauban en ont refroidi plus d’un », se réjouit le président de l’APEVV. Dans les années 80, la bourgade a en effet eu des ambitions pharaoniques. Héritière d’une zone d’aménagement concertée (ZAC) de 1 100 hectares, elle envisage à l’époque d’y construire le plus grand complexe golfique d’Europe : 1 100 villas, 3 hôtels internationaux, trois parcours, un centre de thalassothérapie... En 1991, un 18 trous et un hameau témoins sortent de terre. Ce seront les seules réalisations. Pressés, les promoteurs ont agi sans autorisation de défricher ni permis de construire alors que la ZAC du Bois de Bouis est placée sur une zone d’intérêt écologique, faunistique et floristique. « Il y a presque autant d’espèces protégées que dans la forêt équatoriale », rappelle Robert Giraudo.

Face à l’inertie des pouvoirs publics, les écologistes attaquent en justice. En 2004, ils obtiennent du tribunal de grande instance (TGI) de Draguignan, la démolition du hameau et la réimplantation des espèces d’origine. En 2006, le tribunal administratif de Nice et du TGI de Draguignan décident coup sur coup l’abrogation de la ZAC et la destruction de la clôture installée autour des équipements témoins. « L’appel du jugement de 2004 est prévu pour juin prochain, mais pour l’instant, la victoire est totale », se réjouit le président de l’APEVV.

Les promoteurs n’ont en effet pas désarmé. Suivis du bout des lèvres par la municipalité actuelle (qui n’était pas en poste lors du lancement du projet), ils se battent « pour ne pas laisser tomber les 30 emplois du golf » (3). Robert Giraudo ne croit pas une seconde à ces louables intentions. « Ils doivent estimer que le jeu en vaut la chandelle. A l’époque, le chiffre d’affaires était estimé à 4 milliards de francs (plus de 600 millions d’euros) et la dernière transaction, en 1997, s’est faite autour de 28 millions d’euros... » Pourtant, la zone offre d’autres perspectives. Inscrite au programme Natura 2000, elle pourrait être classée « réserve naturelle ». « Le risque d’une nouvelle épidémie golfique est minime, veut croire Robert Giraudo. Mais il faut rester vigilant car les maires préfèrent souvent bâtir, c’est plus rentable à court terme sur les plans financier et politique... »

J-F P.

 

 

 

 


 
                          

 

 

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